Ma mission solidarité internationale tombe à l’eau

Hello !

Aujourd’hui, je tenais à faire un petit point avec vous sur l’état de mon investissement auprès de l’association Kutumb.

Vous voyez le niveau de la mer ? Eh bien il faut creuser un peu plus en dessous !

Plus sérieusement, quand je suis arrivée à Varanasi, j’ai été accueillie avec une grande gentillesse par Ashish et sa femme Puja dans leur orphelinat pour enfants des rues. Orphelinat où les enfants ne peuvent pas être adoptés. Donc ils grandissent dans les lieux, puis à l’âge adulte, partent travailler et se débrouiller seuls. Dur, non ?

Les enfants ont été merveilleux avec moi, d’une douceur infinie. Aussi très rigolos, ils aiment beaucoup se moquer de moi quand je tentais de dégager mes narines enrhumées.   » C’est quoi ce truc blanc dans lequel elle souffle la dame ? ». Très vite, j’ai eu droit au surnom « didi », qui veut dire grande soeur en hindi. Cela m’a touchée. On a pu jouer ensemble, je leur ai appris à faire des tresses, ils m’ont appris la corde à sauter. Je les ai pris en photos, ils ont adoré poser sous toutes les coutures (surtout les grimaces), et ont pris plaisir, je crois, à voir leurs jolis visages sur mon écran.

Cependant, malgré toute ma bonne volonté et la leur, il y avait quand même ce mur immense que représente la barrière de la langue. J’aurais aimé leur donner des notions sur le tri des déchets (ils jetaient tout par terre), leur expliquer mon travail en France, pouvoir parler vie affective avec les adolescentes. Mais impossible sans parler hindi, et impossible d’avoir un échange entre paires avec un adulte pour écouter et traduire. Qui plus est la sexualité est un sujet tabou en Inde, mais, genre, vraiment tabou. Je dirais même que certains sont frustrés de ne pas pouvoir vivre une sexualité librement. Et ça, ça aboutit en des propositions douteuses ou des comportements irrespectueux quand la frustration déborde de son vase.

Je m’égare. Au bout de quelques jours, j’ai décidé de quitter l’association. C’est pas très courageux de ma part de ne pas avoir persévéré. Mais je ne me sentais pas bien. Certains adultes parlaient anglais, mais ne faisaient pas l’effort de parler avec moi en anglais, alors que moi j’essayais d’apprendre péniblement quelques mots d’hindi. Je me sentais trop larguée, et j’avais besoin de me retrouver au contact d’anglophones pour en apprendre plus sur la culture indienne, et comprendre, notamment, la distance et la froideur des femmes à mon égard. J’avais le sentiment de mal agir, et je me sentais épiée.

Par contre, on a discuté avec le docteur Ashish, et on a décidé que pour l’instant, je pouvais essayer de trouver des fonds pour son centre médical dans la brousse. Et ça, je sais faire, c’est mon domaine. Si vous avez touché un héritage, pensez donc à moi. Et plus sérieusement, si vous connaissez des programmes qui seraient susceptibles de financer un hôpital de campagne, alors pensez vraiment à moi ! Je vais m’y atteler dès mon retour en France, mais pour l’instant, j’ai décidé de profiter de mon séjour en Inde pour découvrir la culture, m’imprégner des Indiens, de leurs sourires, leurs pensées, leurs idéaux.

Alors, quel sens donner à ce voyage ? Eh bien, on va dire que la partie découverte, échange, respect de l’humain et compréhension des différences est toujours là. J’hésite à tourner de petites interviews d’Indiens pour leur demander ce qui les rend heureux, leurs rêves, ce qui est important pour eux. Un peu à la manière de Yann Arthus Bertrand avec Home. Vous en pensez quoi ? Cliché ? Cul-cul ?

En espérant ne pas vous décevoir,

Bien à vous,

Lucie

PS, si vous voulez voir des photos, c’est ici !

 

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